La jeunesse de mon père
Enfants des années 50, enfants du "baby-boom", ils connaissent le prix et la valeur des choses, et la notion de rareté caractérise leur quotidien dans cette France en pleine reconstruction.
La "Guerre Froide" bat, son plein, et la bipolarisation du monde s'immisce jusque dans leur cartables.
Lecteurs de "Vaillant" ou de "Coeur Vaillant", ils mesurent déjà leur différences...
Tintin et "Spirou". Lili et "Aggie",Buck Danny et la Patrouille des castors,Biggles et Bob Morane disputent à Jules Verne et à la comtesse de Ségur la paternité de leurs rêves.
Le petit Rodolphe, la famille Duraton ou L' inimitable Zappy Max échappés de la lourde TSF du salon fédèrent encore petits et grands, un privilège que renouvellent la télévision, son unique chaîne en "noir et blanc" et ses premiers héros.
Les échos de la lointaine guerre d'Indochine laissent place aux "opérations de maintien de l'ordre" en Algérie auxquelles participe souvent un de leur frères ou cousins.
L'expédition de Spoutnik et le voyage de Youri Gagarine leur maintiennent à distance rassurante de cette dure réalité même si leurs illustrés et leurs romans bon marché les abreuvent de batailles dans l'espaces.
L'émergence d'émissions de radio et de magasines "pour les jeunes" ainsi que d'une pléiade de chanteurs à peine plus agés que leur public, imposent une culture fondée sur la musique, la danse, et les codes vestimentaires.
Du temps des copains à celui de la contestation, il n'y a qu'un pas vite franchi au cours des Années 60.
Les enfants du rock passent d'Elvis à Dylan et de Johnny à Antoine.
La famille, l'autorité, la morale... en un mot, la société, se trouvent critiquées à la base.
La politisation croissante de la jeunesse aiguise ce processus d'érosion. "vivre sans temps morts, jouir sans entraves" devient un mot d'ordre! Les événements du printemps 1968 ( mon père avait à peine 20 ans) marquent la fin des sixties et l'ouverture d'une ère nouvelle dont "expérience" devient le maître mot.
Le général de Gaulle se retire " Au désespoir de nos aînés et pour notre plus grand soulagement, il faut bien se rendre à l'évidence, rien, non rien ne sera plus jamais comme avant.....

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